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Choisir un produit de nettoyage industriel : salissure, support, dosage

En nettoyage industriel, le choix du produit ne commence pas par une comparaison de marques ou de prix, mais par l’association de trois informations : le type de salissure, le matériau du support et la méthode d’application. Un choix fait sans ces trois éléments relève de la supposition.
Identifier le type de salissure
Les salissures se comportent différemment sur le plan chimique et se traitent avec des produits différents.
Les salissures grasses et protéiques se dissolvent avec des produits alcalins. C’est la salissure principale des cuisines, des lignes agroalimentaires et des zones d’usinage.
Le calcaire, la rouille et les dépôts minéraux se dissolvent avec des produits acides. On les rencontre autour des lave-vaisselle, des circuits d’eau, des surfaces céramiques et des chaudières vapeur.
Pour la suie et le carbone, on utilise généralement des produits combinant alcalin et solvant.
Lorsque plusieurs types de salissure coexistent, travailler avec deux produits est plus efficace et moins cher que de chercher un produit « qui nettoie tout ».
Vérifier la compatibilité du support
L’inox supporte une large plage de pH ; c’est le support le plus tolérant.
L’aluminium se ternit et se corrode avec les produits fortement alcalins. Ce dommage s’observe souvent sur les plaques et récipients en aluminium en agroalimentaire.
Les sols époxy et polyuréthane peuvent ramollir avec des produits solvantés ; brillance et résistance se perdent avec le temps.
Le béton est attaqué par les produits acides ; utiliser un détartrant non dilué sur un sol béton est une erreur courante.
Les pierres polies (marbre, travertin) ne résistent pas à l’acide.
La méthode d’application change le produit
Pour une même salissure, essuyage manuel, haute pression, application en mousse et dosage automatique appellent des formulations différentes. Les produits moussants sont conçus pour prolonger le temps de contact sur les surfaces verticales ; les employer à l’essuyage est un gaspillage. Les systèmes de dosage automatique exigent au contraire des produits peu moussants, sous peine d’encrasser le matériel.
Le vrai coût : le dosage
Dans la plupart des sites, l’essentiel du coût de nettoyage ne vient pas du prix du produit mais du surdosage. « Plus j’en mets, mieux ça nettoie » est une idée répandue mais fausse.
Les produits sont formulés pour être les plus efficaces à un taux de dilution donné. Dépasser ce taux n’améliore pas la performance ; cela augmente seulement la consommation, le temps de rinçage et la quantité de produit rejetée. Parfois cela dégrade le résultat en laissant des résidus.
La solution pratique est simple : appliquer la dilution à la mesure, pas à l’œil. Dans les sites équipés d’une pompe doseuse ou d’un récipient gradué, la consommation est nettement inférieure.
Vigilance accrue en agroalimentaire
Les produits en contact avec les surfaces doivent être de classe adaptée et la procédure de rinçage définie par écrit. Pour les désinfectants, le temps de contact est critique : rincer avant le délai indiqué sur l’étiquette annule la désinfection.
Faites un essai
Avant de changer de produit, un essai avec échantillon est le moyen le plus rapide de vérifier efficacité et compatibilité. À mesurer pendant l’essai : le temps de décollement de la salissure, le taux de dilution nécessaire et la présence éventuelle de traces.
Courte liste de contrôle
- Le type de salissure est-il identifié (graisse, calcaire, protéines, suie) ?
- Le matériau du support est-il compatible avec le produit ?
- La formulation correspond-elle à la méthode d’application ?
- La dilution est-elle appliquée à la mesure ?
- La fiche de données de sécurité est-elle disponible et le personnel informé ?


